Cela faisait déjà dix minutes que la demi-heure avait sonné. Je commençais à m'inquiéter lorsque je le vis. Il n'avait pas changé, si ce n'est sa taille et sa façon de s'habiller. Quand il croisa mon regard, il me sourit et m'adressa un signe de la main. Je me dirigeai vers lui, tout un coup timide. Il me prit aussitôt dans ses bras et me serra contre lui. Je lui rendit son étreinte avec joue : Il ne m'avait pas oublié !
Lorsqu'il me relâcha, je m'aperçus que des larmes coulaient en abondance sur mes joues sans que je puisse les arrêter. Je marmonnai, honteuse de ma réaction :
Moi : Désolée. J'ai pas pu me retenir.
Danny : T'as pas changé !
Moi : Merci du compliment. Moi qui espérait avoir grandit un peu !
Il m'ébouriffa les cheveux, geste qu'il avait l'habitude (et la mauvaise) de faire depuis toujours et que je détestais tout autant. Je reniflai et séchai mes larmes du dos de la main. Puis j'ajoutai :
Moi : Dan... Tu m'as tellement manqué toutes ces années ! Mais je ne m'en aperçois que maintenant, face à toi. J'ai retrouvé une partie de moi même aujourd'hui !
Danny : Je savais que nos destins étaient encore liés Jo' !
Moi : Depuis quand tu crois au destin toi ?
Danny : Ah, bonne question. Et bien, après tout, il y a un début à tout ! Non ?
Moi : ça, je ne te le fais pas dire !
Danny me dévisagea un instant, en souriant. Puis il s'enquérit :
Danny : Alors qu'est ce qui t'amène ici ?
Moi : Disons que j'ai fait une overdose de soleil pour jusqu'à la fin de ma vie !
Danny : Tant que ça ? Je ne pensais pas qu'il y avait autant de soleil à Marseille. Et tes parents sont restés là bas ?
Moi : Oui ! Si t'avais vu leurs têtes quand je leur ai annoncé mon départ ! Mais finalement, il ne m'ont pas déshérité ! Il me payent même la location de l'appartement !
Et toi, qu'est-ce que tu es devenu depuis toutes ces années ?
Danny : Oh, disons que j'ai fait pas mal de choses. J'ai beaucoup voyagé, avec des potes. La belle vie quoi.
Moi : Tu travailles pas ?
Danny : Si ! Enfin, c'est compliqué. Je t'expliquerai... Plus tard !
Il me sourit. Soudain, il se mit à pleuvoir des trombes d'eau. Danny leva les yeux au ciel :
Danny : J'en ai plus qu' assez de ce temps pourri !
Moi : J'aime bien la pluie ! Il n'y en avait pas beaucoup à Marseille.
Danny : Si tu préfère rester dessous, aucun problème. Mais moi je vais me mettre à l'abri !
Moi : Hé, attends moi !
Nous courûmes ensemble jusqu'à une voiture garée non loin du parc. Elle devait lui appartenir car il l'ouvrit et se réfugia dedans. Je rentrai de l'autre côté et fermai soigneusement la portière :
Moi : Belle voiture !
Danny : Oh, c'est pas la mienne. C'est celle à Tom, un copain. Perso, je ne m'achèterai pas une mini !
Bon, on va pas rester là à rien faire. Je t'invite chez moi... Enfin, chez nous !
Moi : Nous ?
Danny : Oui, en fait j'habite avec mes potes dans une maison pas loin du centre ville. Tu verras, elle est chouette et super grande !
Moi : Mais... Je vais pas déranger tes copains ?
Danny : Nan, t'inquiète pas. Je te les présenterais !
Moi : Bon, ok alors !
Danny mit le contact de la voiture et démarra. Le lecteur CD se remit aussitôt en route et la chanson que j'entendis me fit sursauter.